Pour construire la résilience, écoutez les besoins des gens

  • Par Juliette Perche, LSE
  • 16/05/2018

Sondage auprès des ménages au Myanmar, le 3 juin 2017. Photo par Lindsey Jones, Overseas Development Institute

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Soutenir la résilience au changement climatique et aux catastrophes est une importante priorité de développement. Pourtant, nous avons une idée limitée de ce qui est efficace pour aider les communautés à faire face aux risques climatiques accrus. Nous connaissons encore moins l’avis des gens sur ce qui est susceptible de les aider à devenir plus résilients. 

Sur ce point précis, la Rapid Response Research (RRR) du programme pour la Construction de la Résilience et l’Adaptation aux Extrêmes Climatiques et aux Catastrophes (BRACED) espère jeter un peu de lumière. 

En utilisant les téléphones portables pour collecter de l’information sur la résilience des ménages au Myanmar, le programme RRR s’est penché sur la multitude de facteurs qui influencent la résilience au niveau local, tels qu’ils sont perçus par les populations rurales elles-mêmes. 

Dans le cadre de la dernière phase du sondage, nous avons cherché à comprendre quelles sont, selon les personnes, les solutions pour augmenter la résilience de la communauté. 

Quand on les interroge sur les facteurs de résilience, la plupart des personnes (38 %) pensent que protéger les atouts les plus précieux de la communauté (protéger les terres cultivables et renforcer le logement, notamment) est essentiel. 

Beaucoup de personnes interrogées ont également identifié la planification d’urgence (22 %) – y compris la préparation à l’évacuation et le stockage d’urgence  – de même que les systèmes d’alerte précoce (14 %) comme étant cruciaux pour atténuer les impacts des catastrophes naturelles. 

Cela souligne combien il est judicieux d’améliorer la planification au niveau du village et l’accès à l’information climatique pour augmenter la résilience dans les zones reculées comme par exemple les villages choisis pour cette enquête dans le district de Pa-An.  

Toutefois, peu de personnes interrogées – même parmi les agriculteurs -- pensent que de récolter avant une catastrophe aide la résilience de la communauté. En revanche, les agriculteurs ont souvent choisi l’adaptation du rythme des récoltes comme facteur clé de la résilience de la communauté -- en envisageant peut-être des changements à plus long terme dans le climat ou dans la nature des récoltes demandées. 

SYSTEMES D’ALERTE PRECOCE ET EDUCATION

Il est intéressant de constater que l’importance donnée aux systèmes d’alerte précoce varie de façon significative en fonction du niveau d’éducation du/de la chef(fe) de famille. Une large proportion des sondés d’un niveau d’éducation plus élevé semblait percevoir de tels systèmes comme une voie importante vers la résilience, tandis qu’une part moindre des sondés avec peu ou pas d’éducation (11 %) ont choisi cette mesure. 

Si cela peut s’expliquer par des divers facteurs, il se peut toutefois que l’éducation améliore la compréhension et la prise de conscience des systèmes de détection précoce, augmentant du coup les chances de leur adoption comme mesure de résilience. 

Cela peut aussi suggérer que l’accès pourrait être inégal, les personnes éduquées accédant plus facilement aux informations que celles qui ne le sont pas. Du coup, la communauté ne bénéficierait pas de façon égale de la mesure. Améliorer l’accessibilité aux alertes est en effet l’un des nombreux défis des initiatives de renforcement de la résilience. 

Divers systèmes d’alerte précoce ont germé au Myanmar, comme des alertes inondation à travers les réseaux de téléphone portable avec l’UNESCO, l’agence culturelle des Nations Unies. 

Parmi les autres indicateurs de la résilience des communautés, le niveau d’éducation du/de la chef(fe) de famille semble influencer fortement les perceptions de la capacité de la communauté à faire face aux catastrophes naturelles. 

LA SOLIDARITE IMPORTE

Des indicateurs de la solidarité, comme le sens de la communauté et la capacité d’appui sur un soutien extérieur en cas de besoin, semblent être étroitement liés à la perception qu’ont les individus de leur propre résilience.  

Cela semble indiquer que les ménages qui peuvent compter sur l’appui de leur communauté se perçoivent comme plus résilients en présence de catastrophes naturelles. Cela souligne encore plus l’importance des mesures communautaires pour renforcer la résilience aux niveaux individuel et villageois. 

Par exemple, après le passage du Cyclone Nargis qui a frappé le  Myanmar en 2008, l’initiative de Réduction des Risques communautaires a soutenu la création de comités de construction d’abris dans les villages touchés pour aider à reconstruire les maisons.

Lors d’une précédente série d’enquêtes RRR à Pa-An, la plupart des personnes interrogées ont donné des réponses positives sur la solidarité de leur communauté et étaient confiantes dans la capacité de leur village à faire face aux catastrophes naturelles. Cependant, de fortes divergences existent entre les villages. C’est particulièrement vrai pour la façon dont les gens perçoivent la résilience de leur infrastructure et de leurs services, ainsi que la façon dont ils se comparent à d’autres villages. 

QUELLE CONTRIBUTION POUR LES COMMUNAUTES?

Nous avons certainement besoin d’une meilleure compréhension des facteurs qui forment la perception des gens et des moteurs de la résilience au niveau des villages. Cependant, il est clair que cette perception de la résilience de leur communauté peut être fortement influencée par le contexte socio-économique, affectant à son tour la stratégie de résilience des personnes et l’adoption des mesures de résilience.

Les méthodes testées par l’effort RRR, y compris la collecte de données sur téléphone mobile et les mesures subjectives de la résilience, offrent de nouvelles façons de recueillir des informations ascendantes qui peuvent aider les interventions de renforcement de la résilience. 

Nous avons également lancé le Tableau de Bord de Résilience, un site pour visualiser les données RRR, qui permet à tout le monde de jongler avec elles et d’explorer les tendances dans les moteurs de résilience par eux-mêmes. 

L’espoir réside dans le fait que des innovations comme celles-ci -- et d’autres à venir -- offrent des occasions inestimables de faire entendre la voix des gens, et, qu’utilisées avec les acteurs du développement, elles puissent aider à assurer une prestation ascendante des interventions de renforcement de la résilience. 

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