Investir pour réduire les risques climatiques est primordial

  • Par Laurie Goering
  • 26/09/2017

Des passagers grimpent à bord d’un bus électrique lors d’une journée de transports gratuits dans la ville de Mexico, le 16 mars 2016. REUTERS/Edgard Garrido

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Avec des tempêtes de grande envergure, des inondations et des sécheresses en augmentation qui fauchent de plus en plus de vies et causent des milliards de dégâts de part le monde, la nécessité d’agir rapidement pour freiner le changement climatique se fait sentir, estiment des spécialistes du secteur bancaire. 

Mais, disent-ils, il reste extrêmement difficile d’obtenir des billions de dollars en espèces pour des projets qui peuvent rapidement faire une différence -- de véhicules électriques pour le Mexique à l’énergie solaire à grande échelle pour l’Inde. 

C’est largement du au fait que la plupart des plans élaborés par chaque pays dans le cadre de l’Accord de Paris de 2015 pour réduire les émissions climatiques et se rendre eux-mêmes plus résilients au changement climatique se résument à l’heure actuelle à des listes de potentiels projets. 

"Vous ne pouvez investir dans aucun de ces plans," prévient Chris Dodwell, à la tête des projets internationaux chez Ricardo Energy and Environment, un cabinet-conseil auquel a recours le gouvernement britannique en matière de politique climatique. 

Transformer les propositions en plans d’investissement détaillés que les financiers peuvent soutenir -- et capables de provoquer un changement dans la perception par les banquiers de ce que peut être un bon investissement-- s’avère primordial pour attirer des milliards vers des actions de protection climatique, dit-il tout comme d’autres de ses collègues. 

"Nous sommes certains que l’argent est disponible à l’échelle de nos besoins," dit Ed Wells, un expert en durabilité, directeur du département Marchés Mondiaux auprès de la banque HSBC à Londres. 

A l’heure actuelle, "c’est l’offre en projets qui est limitée et non l’argent disponible," dit-il. 

Pour amorcer une plus grande pompe de projets climatiques propices à un investissement, des banquiers internationaux et des représentants officiels originaires de Mexico, du Nigéria et de Colombie se rencontrent à Londres cette semaine pour tenter d’examiner de manière approfondie une première salve de projets climatiques à même d’être financés. 

Le Vietnam participe aussi, mais en tant qu’observateur, à une initiative baptisée le ‘Climate Finance Accelerator’.

Le but est d’éliminer les obstacles qui empêchent les financements de circuler et de donner aux représentants officiels une chance de s’accorder sur un modèle capable d’attirer des financements. Un modèle transposable dans leur pays et éventuellement utilisable par d’autres pays, dit Dodwell.

"On ne peut pas rendre le monde entier vert. Et si nous commencions par les quatre pays présents aujourd’hui," a-t-il déclaré lors du lancement de cette initiative qui s’est tenue pendant une semaine à la Bourse de Londres. 

TAXIS ELECTRIQUES, AGRICULTEURS PREPARES

Juan Carlos Arredondo, qui travaille sur les mesures liées au changement climatique auprès du ministère mexicain de l’environnement et des ressources naturelles, dit que son pays a besoin d’au moins 135 milliards de dollars (environ112 milliards d’euros) pour atteindre son objectif de réduire ses émissions d’au moins 22% par rapport aux niveaux "business as usual" escomptés à l’horizon 2030.

Cela pourrait financer des dispositions comme faire basculer le pays vers des véhicules électriques -- y compris pour l’énorme flotte de taxis de la ville de Mexico.

La Colombie veut protéger ses approvisionnements d’eau des Andes, fournir aux agriculteurs de meilleures informations pour qu’ils continuent de cultiver dans des conditions plus dures, protéger les forêts et rendre l’approvisionnement d’énergie et le système de transport plus propres. 

Mais « nous nous apercevons qu’avec seulement des financements publics, nous ne parviendrons pas à faire face à nos engagements », dit Lina Marcela Penuela, du Ministère colombien de l’Environnement et du Développement Durable.

Introduire le genre de changements nécessaires dans le monde pourrait coûter dans les 90 billions de dollars, dit Roger Gifford, président de la Green Finance Initiative, qui vise à faire de la capitale londonienne, un leader dans les prêts et les investissements en rapport avec le climat. 

Mais Wells, chez HSBC, dit que 2/3 de cette somme sont déjà potentiellement disponibles sous forme d’investissements privés en quête de bons projets. 

"La plupart de l’argent est là si nous pouvons juste créer la structure pour le laisser circuler," a-t-il dit. 

Les changements politiques et sur les marchés -- d’une énergie solaire toujours moins chère à des annonces par des pays comme la Chine et la France qu’ils se désengageraient rapidement de véhicules essence et diesel-- aident plus d’investisseurs et de banquiers à voir des opportunités dans un ‘virage vert’, dit Wells.  

"Financer la transition vers une économie faible en carbone est sans doute la plus grande opportunité qui se soit présentée (à HSBC)," dit-il.

De plus en plus d’investisseurs exigent maintenant de connaître les risques climatiques auxquels doivent faire face les entreprises qu’ils soutiennent, dit Stéphanie Sfakianos, à la tête des marchés de capitaux durables auprès de BNP Paribas.

Investisseurs et banquiers sont de plus en plus sensibilisés à ces risques et "cela change la donne" en matière de la destination des fonds, dit-elle. 

Avec une série d’ouragans balayant les Caraïbes et les Etats-Unis, et tandis que des villes comme Houston ou Bombay se remettent de leurs inondations, le risque climatique est de plus en plus visible, disent les experts. 

"Toute personne allumant sa télé ces jours-ci a l’impression d’être dans un film de climat-catastrophe," dit Dodwell.

"Qu’est-ce qu’on va faire pour lutter contre ça ?", demande-t-il. "Notre meilleure chance est la mise en oeuvre de l’Accord de Paris sur le Climat... mais il faut aller vite."  

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