"Régénérer" les arbres, une alternative à la déforestation

  • Par Dansira Dembele, IRD
  • 08/07/2016

Une femme pratique la régénération naturelle assistée à Koulikoro, au Mali, le 27 mai 2016. Crédit: Sanogo Kadiatou Diallo

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Dans de nombreuses zones au Mali, on constate un manque criant d’arbres. Cela est dû non seulement à la sécheresse, mais surtout à l’action de l’homme, comme la déforestation abusive pour les activités d’agriculture ou d’élevage. 

Tout cela conjugué avec un nombre insuffisant d’arbres en zone sahélienne contribue inexorablement à l’avancée du désert, avec les vents secs et violents du Nord qui menacent les terres agricoles de communautés entières.

Afin de faire face à cette dégradation de ressources environnementales, le projet RIC4REC, dans le cadre du programme BRACED, aide les communautés à diagnostiquer les problèmes liés au changement climatique  et à la gestion des risques des désastres naturels afin de planifier des actions adaptées.

Celles-ci incluent la pratique de régénération naturelle assistée (RNA), qui consiste à intégrer dans les champs des arbres délaissés ou destinés à la coupe, afin qu'ils puissent augmenter le rendement total de l’espace.

Le processus élimine les tiges latérales de la repousse et ne conserve que quelques tiges qui seront entretenues en enlevant les branches latérales. Les tiges coupées pourront être utilisées pour protéger la parcelle de terre contre les vents, le soleil, le ruissellement et favoriser l’infiltration à travers l’action des termites.

RIC4REC a entrepris au mois de mai 2016 la RNA dans 57 villages de Koulikoro, Ségou et Mopti.

REVERDIR DES ZONES SEMI-ARIDES

Par extension, la RNA permet de reverdir les zones semi-arides qui souffrent d’un manque d’arbres. Elle devient ainsi un moyen important d’adaptation au changement climatique.

« Je suis vraiment heureux d’avoir appris la technique de RNA,» explique Daouda Diarra, producteur agricole dans le village de Ngotogosso, dans le cercle de San. « Je savais que la zone souffrait d’un manque d’arbres mais en raison de difficultés financières, je n’avais pas la capacité de reverdir mon champ.»

Lamine Kamian,  autre producteur de la région de Mopti, explique qu’«à cause du manque de bois, nous utilisons la bouse de vache. Avec la RNA, les rejets de souches deviennent des arbres qui vont produire, entre autres, du bois, des feuilles, des fruits et des racines pour différentes utilités.»

Il ajoute que la bouse de vache sera utilisée pour améliorer la capacité de production de la parcelle, renforçant ainsi la sécurité alimentaire et les revenus des bénéficiaires du projet.

La RNA ne nécessite pas de coûts importants puisqu’elle est menée par les paysans eux-mêmes.

Sur le plan environnemental, elle permet de reconstituer le couvert végétal favorisant la séquestration de carbone, de protéger la parcelle contre les intempéries, de conserver la fertilité des sols, d'accroître la productivité de l'espace agricole, de réhabiliter les terres dégradées et finalement d’assurer la sécurité alimentaire de populations.

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