Pourquoi l’ouragan le plus puissant enregistré n’a pas été une ‘catastrophe’

  • Par Roop Singh
  • 18/11/2015

Des volontaires de la Croix-Rouge mexicaine distribuent du matériel humanitaire en attendant l’ouragan Patricia/ Croix-Rouge Mexico

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Au sommet de sa force, Patricia a été l’ouragan le plus puissant jamais enregistré à l’est du Pacifique avec des vents constants atteignant des maximums étonnants de 320 kph.

Pour mettre cela en perspective, l’ l’échelle de Saffir-Simpson utilisée pour classer les ouragans définit tout comme Categorie 5 tout ce qui est supérieur à 250 kph, soit l’échelon le plus haut, qui entraînera “des dégâts catastrophiques”. L’ouragan s’est formé le 20 october 2015 et dissipé 24 october 2015.

Heureusement, les dégâts catastrophiques annoncés n’ont pas eu lieu pour 3 raisons essentielles:

1. Patricia était étonnamment compact – les vents les plus forts, de catégorie 5, étaient concentrés dans un diamètre de 25 km autour de son centre et les vents de force 12 (ouragan) s’étendaient jusqu’à 55 km environ du centre seulement.

2. Nous avons eu de la chance – l’ouragan a touché terre dans une zone très peu densément peuplée passant à côté de centres très peuplés dans la station balnéaire de Puerto Vallarta et la ville portuaire de Manzanillo.

3. Une excellente préparation – le gouvernement local, de l’état et national épaulé par la Croix-Rouge dans son rôle de soutien au gouvernement a coordonné un plan de préparation efficace qui inclut l’évacuation, des alertes aux populations locales, et la pré-positionnement de l’aide humanitaire en prévision d’une action.
 
Dans le contexte BRACED, la préparation réussie basée sur l’information climatique activée au Mexique est la plus intéressante car elle nous aide à comprendre à quoi peut ressembler sur le terrain un renforcement de la résilience contre les événements extrêmes pour prévenir les catastrophes.

La Croix-Rouge mexicaine dit qu’elle a agit durant 3 phases-clef à travers l’analyse, l’anticipation, et la réaction au bon moment et immédiate. Basé sur les prévisions reçues, un plan de préparation a été établi qui a débuté trois jours avant l’impact estimé du cyclone. Ce plan incluait de mobiliser jusqu’à 500 bénévoles pré-positionnés et distribuant 30 000 kilos d’aide humanitaire aux populations se trouvant sur le parcours prévu de l’ouragan.

Les bénévoles ont aussi aidé à évacuer les personnes, en mettant en place des unités de d’urgence, y compris des hôpitaux mobiles, une unité de secours et un véhicule d’appui logistique. Pour financer cette importante opération, la Croix-Rouge mexicaine a ouvert un site de financement, et s’est alliée au secteur privé en utilisant le réseau des magasins Walmart à travers le pays comme centres pour récolter les fonds. Des informations sur les prévisions concernant l’ouragan, les interventions avant et après qu’il ait touché terre, et sur comment donner des vivres, de l’argent et des articles de toilette ont également été diffusées.

Une des principales difficultés auxquelles les familles sont confrontées pendant une catastrophe naturelle est l’absence de contact avec les autres membres de la famille. Anticipant la chose, la Croix-Rouge mexicaine a mis en place le programme Restaurer les Liens familiaux permettant aux membres de la famille dans d’autres états et à l’étranger d’obtenir de l’aide à travers le site internet. Un numéro de téléphone d’urgence a également été mis en place pour répondre aux urgences et à des demandes d’information.

Toutes ces actions préparatoires ont débouché sur très peu de blessés et de victimes, bien loin de la catastrophe qui aurait pu se produire si le gouvernement et les organisations humanitaires n’avaient pas agi suite à l’annonce de la venue de Patricia. Non seulement la Croix-Rouge mexicaine s’est organisée dans l’optique d’une catastrophe, mais elle a aussi contribué à l’aide apportée aux zones dans lesquelles l’ouragan a fait des dégâts en mobilisant près de 3000 de ses bénévoles pour évaluer les pertes dans les états de Jalisco et Colima quelques heures seulement après qu’il ait touché terre.

Ils ont continué à diffuser des informations après l’ouragan sur comment faire en sorte que les maisons soient sûres pour l’habitation. Cette stratégie globale a sans nul doute empêché l’ouragan Patricia, extrême climatique, de se métamorphoser d’en catastrophe.

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